Le running renforce-t-il les jambes ?

Activité

Les bienfaits du running sur le corps sont bien plus importants que tu ne l'imagines.

Dernière mise à jour : 6 février 2025
9 min. de lecture
Est-ce que le running muscle les jambes ?

Tu cherches à renforcer les muscles de tes jambes ? L'entraînement de résistance est tout indiqué pour toi. Squats lestés, fentes et hip thrust avec barre d'haltères : ces exercices sont excellents pour cibler le bas du corps. Mais savais-tu que le running peut aussi t'aider à renforcer les muscles de tes jambes ?

« Le running permet de renforcer les jambes, plus particulièrement en faisant travailler les muscles qui traversent les articulations de la hanche, du genou et de la cheville, explique Kaleigh Ray, physiologiste du sport certifiée par l'ACSM et experte en biomécanique du running chez Treadmill Review Guru. Ces muscles comprennent l'ilio-psoas, les fessiers, les quadriceps, les ischio-jambiers, les mollets et le tibial antérieur. »

Comment renforcer les muscles, et quels sont les différents types de force ?

Selon le principe de surcharge, pour prendre de la masse musculaire, ton corps doit être exposé à un nouveau stimulus. Cette contrainte endommage les fibres musculaires, un phénomène appelé dégradation des protéines musculaires (DPM). Pendant le processus de réparation qui s'ensuit, connu sous le nom de synthèse des protéines musculaires (SPM), les fibres musculaires deviennent plus robustes en se reconstruisant, avec l'aide d'une nutrition adaptée.

Selon Kaleigh Ray, il faut trois ingrédients pour que les muscles se développent et se renforcent : l'hypertrophie (l'augmentation de la taille d'un muscle), le remodelage (le fait de modifier progressivement son programme d'entraînement) et les adaptations neuromusculaires (l'amélioration de la communication entre les muscles et le système nerveux).

Mais il est essentiel de bien comprendre la différence entre l'hypertrophie et le renforcement musculaire. Si les deux sont étroitement liés, ils ne signifient pas la même chose. C'est ce qu'explique Kaleigh Ray : « L'hypertrophie, ou développement des muscles, est davantage liée à un objectif esthétique, mais elle peut nuire au running, car une plus grande masse musculaire peut diminuer la vitesse de course. Par contre, en se concentrant sur le renforcement musculaire, on peut augmenter sa masse musculaire et améliorer ses performances plus efficacement, sans prendre trop de masse. »

Cela ne veut pas dire qu'il faut avoir peur de prendre du muscle en s'entraînant. En fait, il y a même de grandes chances que cela se produise naturellement.

Est-ce que le running muscle les jambes ?
Est-ce que le running muscle les jambes ?

Comment renforcer différents types de fibres musculaires

En fonction du type d'exercice (sprint ou run long, par exemple), il est possible de renforcer davantage le type de fibres musculaires qui répondent à ce stimulus. Pour information, il existe deux principaux types de fibres musculaires squelettiques : celles à contraction lente (fibres musculaires de type 1) et celles à contraction rapide (fibres musculaires de type 2). Les fibres musculaires à contraction lente sont plus résistantes à la fatigue et produisent une force faible et lente. Les muscles à contraction rapide, eux, se fatiguent un peu plus facilement, mais ils produisent une force plus puissante et plus rapide.

Pendant un run long, les fibres musculaires à contraction lente t'aident à maintenir ton allure, kilomètre après kilomètre. Mais pendant les entraînements basés sur la vitesse, comme des sprints fractionnés, tu sollicites les fibres musculaires à contraction rapide. Tous les muscles des jambes contiennent un mélange de ces deux types de fibres musculaires. Idéalement, ton programme d'entraînement doit donc inclure à la fois des runs d'endurance et des séances de vitesse pour renforcer tes muscles et améliorer ta condition physique.

« Courir vite met les muscles à rude épreuve, ce qui les oblige à produire plus efficacement une plus grande force, résume Kaleigh Ray. Alors que courir sur une longue durée exige que les muscles soient plus résistants à la fatigue, ou capables de produire une force donnée de manière répétée. » Or, ces deux types d'entraînements sont essentiels pour améliorer sa force et son endurance musculaires.

Généralement, le programme de running d'une personne qui débute aura pour objectif premier de construire une base solide afin de développer son endurance. Commence par courir à une allure confortable et de faible intensité plusieurs jours par semaine, avant d'introduire des entraînements de vitesse. De cette manière, ton corps résistera plus facilement à la charge supplémentaire et tu diminueras le risque de blessure.

Ensuite, suis le principe de surcharge progressive : introduis progressivement de nouveaux défis pour encourager le renforcement de tes muscles. En effet, ton corps va s'adapter à la charge actuelle, ce qui signifie que tes performances ne s'amélioreront que si tu augmentes l'intensité, le volume et la fréquence de tes runs. En parallèle, il peut être utile d'introduire un programme de renforcement musculaire avant d'ajouter des tempo runs et des entraînements fractionnés pour éviter les blessures.

Est-ce que le running muscle les jambes ?

5 groupes musculaires à cibler pour le running

Parmi les nombreux muscles ciblés par le running, tu en utilises cinq principaux, explique Colin Morrow, coach personnel certifié par l'ACE, spécialiste en exercices correctifs certifié par la NASM, manager fitness et spécialiste en entraînement TRX chez The Edge Fitness Clubs.

« En intégrant différents terrains et différentes intensités à sa routine de running, on peut stimuler efficacement ces muscles, ce qui permet de gagner en force et en endurance au fil du temps », affirme-t-il.

  1. Les quadriceps (les muscles des cuisses)
    « Les quadriceps sont essentiels à l'extension du genou, explique le coach. Ces muscles sont fortement sollicités pendant la phase d'impulsion d'une foulée. »
  2. Les ischio-jambiers (les muscles à l'arrière des cuisses)
    « Les ischio-jambiers participent à la flexion du genou et à l'extension de la hanche, ce qui est crucial pour la propulsion vers l'avant », explique Colin Morrow.
  3. Les fessiers (les muscles des fesses)
    « Les fessiers servent à stabiliser le bassin et facilitent l'extension des hanches. Ce sont eux qui fournissent la puissance nécessaire pour faire de bonnes foulées », indique-t-il.
  4. Les muscles gastrocnémiens et soléaires (les muscles des mollets)
    « Les mollets facilitent la flexion plantaire de la cheville. C'est important pour pousser sur le pied et s'élancer vers l'avant », poursuit Colin Morrow.
  5. Les fléchisseurs de hanche (les muscles du haut des cuisses)
    « Les fléchisseurs de hanche s'activent pendant la phase de suspension, qui consiste à lever la jambe et à augmenter la longueur de la foulée. C'est essentiel pour progresser en running », précise le coach.

Les meilleurs types d'entraînements de running pour le renforcement musculaire

Après avoir acquis une base aérobie, commence à intégrer des séances de vitesse, du renforcement musculaire et des runs longs à ton programme d'entraînement. Les sprints fractionnés et un entraînement de résistance une ou deux fois par semaine amélioreront tes performances sportives. De plus, la combinaison de ces deux entraînements renforcera également les muscles de tes jambes.

Entraînements de sprint

Kaleigh Ray souligne que le sprint sollicite les grands muscles à contraction rapide, également appelés fibres musculaires de type II. « Ces fibres musculaires sont importantes pour la croissance musculaire, parce qu'elles sont plus sujettes à l'hypertrophie que les fibres de type I, qui sont généralement utilisées pour le running d'endurance », explique-t-elle. « La recherche suggère que les entraînements de sprint provoquent une hypertrophie musculaire, même chez les athlètes qui s'entraînent régulièrement. »

Les runners et runneuses de fond peuvent également bénéficier d'entraînements de sprint. « Alterner entre des sprints de haute intensité et des périodes de récupération améliore à la fois la force musculaire et l'endurance cardiovasculaire, indique Colin Morrow.

Est-ce que le running muscle les jambes ?

Entraînement en montée et en descente

Selon les experts, les intervalles en montée et en descente peuvent renforcer divers muscles des jambes. « Courir en montée augmente la résistance, en ciblant plus intensément les fessiers, les ischio-jambiers et les mollets. Ça favorise le développement musculaire », explique le coach.

Mais courir en descente peut aussi renforcer les muscles des jambes, ajoute Kaleigh Ray. Le running en descente est un exercice excentrique, qui allonge les muscles et évite en partie au corps d'être tiré trop vite vers le bas par la gravité.

« Les muscles des jambes sont beaucoup sollicités, ce qui peut entraîner une augmentation des courbatures, de la fatigue et des lésions musculaires, prévient la physiologiste. « En dosant intelligemment l'entraînement en descente, les athlètes de running peuvent toutefois le tourner à leur avantage. » En effet, elle explique que le mécanisme qui provoque les lésions musculaires est le même que celui qui stimule le développement des muscles.

À toi de voir si tu veux intégrer progressivement plus d'itinéraires vallonnés ou de sorties trail à ton entraînement. « En trail, les surfaces irrégulières sollicitent plus profondément les muscles stabilisateurs et les muscles du bas des jambes. Ça représente un défi supplémentaire », explique Colin Morrow.

Runs longs et renforcement musculaire

Améliorer ton endurance est non seulement bénéfique pour ta base aérobie, mais aussi pour booster les muscles de tes jambes.

« Beaucoup d'athlètes s'inquiètent de "l'effet d'interférence" qui suggère que l'entraînement d'endurance peut freiner la croissance musculaire due à un entraînement de résistance, mais les recherches actuelles suggèrent qu'on obtient de meilleurs résultats en combinant des séances d'endurance et de renforcement musculaire », affirme Kaleigh Ray.

Tant que tu t'alimentes correctement et que tu consommes suffisamment de protéines chaque jour, tu devrais pouvoir augmenter ta masse musculaire même en augmentant la distance parcourue, poursuit-elle.

Conseils supplémentaires à prendre en compte

La nutrition est une composante essentielle de la prise de muscle, et les protéines en sont la base. L'International Society of Sports Nutrition (ISSN) recommande aux athlètes de consommer 1,4 à 2 grammes de protéines par kilogramme de poids corporel par jour, pour développer et entretenir leur masse musculaire.

« Pour les athlètes de fond, mieux vaut s'alimenter correctement pendant les runs d'entraînement. Cela leur évitera d'utiliser les protéines comme source d'énergie quand leurs réserves de glucides sont faibles », explique Kaleigh Ray. De manière générale, le fait de consommer suffisamment de protéines tous les jours favorise aussi la réparation et le développement des muscles, ajoute Colin Morrow.

Et n'oublie pas la récupération. Durant les jours qui suivent ton entraînement fractionné, laisse ton corps récupérer. Mais garde en tête la différence entre récupération active et récupération passive. Les activités de récupération active, comme le vélo, la natation ou le yoga, contribuent à entretenir l'amplitude de mouvement des articulations tout en laissant au corps le temps de se régénérer. La récupération passive, elle, consiste à se reposer sans bouger. Il n'y a pas de mal à prendre quelques jours de repos complet. L'important est d'écouter son corps et ses besoins.

Le sommeil est également essentiel pour bien récupérer après un entraînement. « Un sommeil profond et réparateur est crucial pour la récupération et le développement des muscles. Il aide le corps à se remettre d'un entraînement intense, conclut Colin Morrow. À vrai dire, un manque quotidien de sommeil de qualité est associé à une force musculaire réduite.

Rédaction : Cheyenne Buckingham

Date de première publication : 4 février 2025

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